mercredi 6 juin 2007

Des profits colossaux réalisés grâce à nos erreurs de frappe

On a peut être trop tendance, en pensant aux business pouvant être créés sur Internet, à imaginer des solutions techniques, innovantes voir dédiées au grand public. L'histoire de Kevin Ham montre que l'on n'a pas besoin d'être un business man reconnu ou un expert en informatique, pour faire des profits colossaux à travers la toile.
Lorsque vous naviguez sur Internet, vous disposez comme il l'est expliqué ici, d'une adresse IP. Si Internet ne servait qu'aux ordinateurs, alors les sites Web seraient joignables uniquement par cette adresse numérique respectant le format suivant : 10.10.192.100. Mais ce réseau étant aussi utilisé par des être humains, il fut nécessaire de trouver un mécanisme adapté à leur mode de réflexion et leur savoir. La solution retenue consiste à lier un ensemble de lettres à une adresse numérique. Par exemple vous pourriez lier ce mot et cette adresse : totoaimemangerdespatesalatomate.com <-> 10.10.192.1
Ce mot, qui s’inscrit dans la barre d'adresse de votre navigateur, est un "nom de domaine" que vous pouvez acheter sur le Web pour un prix débutant à environ 5 euros vers des montants en pleine explosion.
Comme, il y un nombre limité de lettres et que la taille maximale de ces mots est de 63 lettres, il est évident que le prix de ceux-ci ne peut qu'augmenter. La conséquence naturelle, contemporaine, est bien-entendu, que l'activité principale de certaines personnes, consiste à spéculer sur l’utilisation de ceux-ci.
Kevin Ham est à ce jour, un des domainers les plus richissimes et doit principalement son succès au principe des noms de domaine qui peuvent être réservés pour un essai de cinq jours sans rien débourser. Ainsi en automatisant la détection des abonnements de noms de domaines non renouvelés, mesurant leur fréquentation, les domainers achètent ceux qui sont les plus lucratifs.
L'astuce principale se trouve dans le fait que nous saisissons souvent un nom de domaine dans notre navigateur avec des erreurs de frappe. Les domainers achètent donc des noms proches des noms de domaines connus et y insèrent des pages de publicité qui pourraient nous intéresser. Ainsi, sur les millions de personnes qui entrent un nom de domaine erroné et visualisent les pages de publicité, le revenu apporté par la minorité qui cliquera sur un lien est considérable. Par exemple si vous pouvez vous procurer le nom de domaine "gougle.com" et mettez sur celui-ci des pages de publicités, vous risquez de faire de belles recettes.
L’astucieux Kevin, vient de prendre un pas d’avance sur ses concurrents en réalisant un partenariat avec le Cameroum, afin de profiter des erreurs de frappe que vous pourriez faire sur la fin des domaines commerciaux qui ont l’extension ".com". Le Cameroun possédant l’extension ".cm" si vous oubliez le "o" et voyez une page de publicité apparaitre, alors vous savez pourquoi.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à lire le très bon article de Paul Sloan.

Ressources :
CNN, Paul Sloan : The man who owns the Internet
Domain magazine : Cybersquatters Exploit Web-Name Trial-Period Loophole
Wikipedia : Understanding the parts of a domain name
Wikipedia : Domaining, domainers
Le dico du Net : Pay per clic

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